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Feuilles mortes au jardin : les laisser dans les massifs, pas sur la pelouse

Les feuilles mortes ont leur place dans le jardin, sauf sur la pelouse : c’est le conseil que répètent les jardiniers invités des radios et télévisions cet automne. Au lieu de remplir des sacs pour la déchetterie, on les laisse au pied des arbustes, on les étale au potager, on les ajoute au compost. Une habitude simple, qui demande surtout de bien répartir les épaisseurs.

Pourquoi ne plus les emporter à la déchetterie ? #

Invité d’ICI Nord le 30 octobre, le jardinier Didier Willery résume l’enjeu : un jardin parfaitement nettoyé avant l’hiver n’est pas forcément un jardin en bonne santé. En se décomposant, les feuilles restituent des éléments nutritifs et favorisent le travail des micro-organismes et des vers de terre.

Cette couche protège aussi la terre des fortes pluies et du gel, et limite son dessèchement pendant les périodes chaudes. Le sol travaille ainsi à notre place, sans achat de paillage ni aller-retour en voiture.

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La question ne concerne pas que quelques massifs. TF1 Info rappelait le 22 octobre que 5,7 millions de tonnes de déchets verts sont collectées chaque année en France. Les feuilles en font partie, alors qu’elles peuvent souvent rester à domicile.

Où les laisser, et où les retirer ? #

Dans les massifs, au pied des arbres et des arbustes, elles peuvent rester au sol, explique Didier Willery. Même les feuilles de chêne, de hêtre ou de noyer, plus longues à se décomposer, ont leur intérêt : mélangées à d’autres, elles forment un paillage durable.

La pelouse est l’exception. Le gazon supporte mal cette couverture, qui coupe la lumière et finit par l’étouffer. Il faut donc ramasser les feuilles, ou passer la tondeuse pour les broyer. Mélangées aux déchets de tonte, elles rejoignent ensuite les massifs ou le potager sous forme d’une matière très fertile.

Sur l’épaisseur, Pierre Le Cultivateur donne un repère sur TF1 : au-delà de deux à trois centimètres, on n’hésite pas à retirer une partie de la couche, faute de quoi « ça va empêcher l’herbe de respirer ». Ce seuil vise l’herbe : dans un massif, on observe simplement que la couche ne reste pas compacte et détrempée.

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Comment s’en servir au potager ? #

Sur les parcelles au repos, les feuilles servent de paillage hivernal. « Ça va protéger le sol du froid et limiter la pousse de mauvaises herbes », indique Pierre Le Cultivateur. Il suffit de les étaler sur la terre laissée libre après les dernières récoltes, en les broyant si elles sont grandes ou si le jardin est exposé au vent.

Ce paillis fait aussi office de refuge. Les coccinelles peuvent venir s’y cacher, rappelle le jardinier, avant de s’attaquer aux pucerons qui menacent les cultures. Au printemps, on repousse ce qu’il en reste pour laisser la terre se réchauffer et préparer les semis.

Comment les ajouter au compost ? #

Les feuilles apportent de la matière carbonée, qui équilibre les épluchures. Le dosage proposé sur TF1 est simple : les ajouter, broyées ou entières, à raison d’un tiers du volume d’épluchures. On garde un sac de feuilles à côté du composteur pour en avoir sous la main tout l’hiver, quand le jardin n’en fournit plus.

Un tas de feuilles seules se décompose lentement. Il vaut donc mieux les alterner par couches avec les déchets de cuisine plutôt que de tout verser d’un coup. Si le compost sent mauvais ou paraît trop humide, une poignée de feuilles sèches supplémentaire rétablit souvent l’équilibre.

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Peut-on en faire son propre terreau ? #

Oui, et c’est sans doute l’usage le moins connu. Pierre Le Cultivateur conseille de placer les feuilles dans un petit sac de jardin humidifié, percé de trous au fond. « Au bout d’un an, elles seront décomposées et on peut venir les tamiser afin de récupérer un terreau très fin », explique-t-il.

Ce terreau convient aux futures cultures en godets. Pour l’avoir au printemps suivant, il faut donc lancer le sac dès maintenant et s’armer de patience : rien de plus à acheter qu’un sac, un coin d’ombre et quelques arrosages si le contenu sèche.

Que faire d’autre au jardin en ce moment ? #

Le même conseil de saison vaut pour les plantations. Didier Willery invite à ne pas attendre la Sainte-Catherine pour planter arbres et arbustes : tant que les plantes ont leurs feuilles, celles-ci participent à la production des éléments nécessaires au développement des racines.

Une plante installée en automne commence à s’enraciner avant l’hiver. Elle a ainsi plus de chances de supporter les périodes sèches et demandera moins d’arrosage l’été suivant. Une fois le trou rebouché, quelques poignées de feuilles au pied complètent le geste.

Questions fréquentes #

Les feuilles de chêne ou de noyer sont-elles à éviter ?

Non, selon Didier Willery. Elles se décomposent plus lentement, mais mélangées à d’autres feuilles, elles forment un paillage durable.

Peut-on laisser les feuilles sur le gazon jusqu’au printemps ?

Mieux vaut éviter : elles coupent la lumière et étouffent l’herbe. Un passage de tondeuse les broie et permet de les réutiliser ailleurs.

Combien de temps pour obtenir du terreau de feuilles ?

Comptez environ un an en sac humidifié, d’après Pierre Le Cultivateur, avant de tamiser le contenu pour vos semis.

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